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Aménagement portuaire et développement industriel des filières vertes
Les réformes portuaires en Europe dégagent un nouvel espace d’action pour les ports, au travers de l’aménagement. Les autorités portuaires se voient confier, préciser, ou réorienter des (nouvelles) missions qui ont trait à l’aménagement. Ce terme polysémique appellera nécessairement une clarification. Les autorités portuaires sont traditionnellement des entités qui administrent et aménagent un espace qui leur est confié par la loi. Toutefois aujourd’hui, la réorganisation des fonctions portuaires (administration, gestion, commerce, exploitation) entre l’autorité portuaire et les entreprises, couplée à de nouveaux enjeux liés à l’environnement, génèrent une redéfinition de la notion d’aménagement.
Les études menées par la DGITM, le CETMEF, le groupe de travail du Grenelle de la mer sur le port marchand du futur, l’Union des Ports de France, l’IFSTTAR, etc, sur les thèmes des ports, de l’aménagement, des filières industrielles et de la coopération interportuaire, soulignent le poids croissant de cette problématique dans la réflexion sur l’efficacité des ports, sur leur fonction dans l’organisation de l’espace, ainsi que sur leur rôle de « facilitateur » de projets au sein de la communauté portuaire, entendue au sens large.
Cette recherche vise à clarifier les notions que le terme d’aménagement recouvre dans la sphère portuaire car, d’une part ce terme est omniprésent et pourtant rarement défini et, d’autre part les arguments manquent pour préciser si les changements qui affectent « l’aménagement et les ports » sont d’ordre fonctionnel, organisationnel ou culturel ou les trois. Il s’agira d’analyser deux acceptations du terme aménagement à deux échelles différentes :
- Echelle locale et développement industriel. Les ports organisent et aménagent leur espace, à savoir, leur circonscription. Ils décident des activités à développer et des activités à soutenir ; ils définissent les zones géographiques d’extension de terminaux et de terre-pleins, et sanctuarisent les zones écologiques sensibles ; ils favorisent l’installation des partenaires commerciaux et industriels. Récemment, le développement de filières industrielles « vertes » a mis en évidence :
a) Le besoin d’espace pour des activités autres que la conteneurisation dans les ports, alors même que les activités industrielles traditionnelles n’étaient plus depuis longtemps le vecteur de croissance des ports européens (approche fonctionnelle).
b) Le besoin de concertation entre les autorités portuaires et les industriels dans la mise en oeuvre de ces nouvelles filières dont l’influence dépasse le strict cadre portuaire pour s’étendre sur le bassin d’emploi (approche organisationnelle). - Echelle régionale et développement territorial. Les ports sont de puissants leviers de développement régional. La coopération entre-eux et avec les autorités locales (conseils régionaux et généraux, agences d’urbanisme) peut permettre de les intégrer plus efficacement à la construction d’un espace régional où les composantes fret et mobilité, et logistique et environnement sont mieux imbriquées et mutuellement acceptées. En effet, les antagonismes peuvent être fort entre les externalités négatives générées par les ports de commerce d’une part et les attentes des habitants mais aussi des élus locaux et régionaux d’autre part.







