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Réseaux de chaleur et énergies de récupération
Les points clés
| Situation 2009 | - 0,4 Mtep/an de chaleur de récupération distribuée par les réseaux
- 0,08 Mtep/an de biogaz, dont 20% alimentent les réseaux de chaleur |
| Objectif 2020 | - 0,9 Mtep/an de chaleur issue de la part renouvelable des déchets ménagers
- 0,55 Mtep/an de biogaz (tous usages thermiques confondus) |
| Points forts | - valorisation d’une ressource qui serait autrement perdue
- ressource énergétique peu coûteuse |
| Points faibles | - disponibilité territoriale limitée (cas de la chaleur de récupération)
- dépendance vis-à-vis de l’activité créant la chaleur fatale ou le biogaz |
| Pistes | - raccordement d’usines d’incinération existantes
- multiplication des sources de récupération |
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- L’usine de traitement des déchets d’Issy-les-Moulineaux
- 46% de la chaleur livrée par la CPCU (Paris et proche banlieue) provient de l’incinération des déchets. Cela représente le chauffage de 211000 équivalents-logements. A Brest, l’UIOM apporte 90% de l’énergie distribuée par le réseau de chaleur qui dessert 20000 équivalents-logements.
Principe technique
Valoriser une ressource qui serait autrement perdue
La chaleur fatale est la chaleur qui est produite par un processus dont l’objet n’est pas la production de cette chaleur. C’est par exemple la chaleur rejetée lors de l’incinération des déchets, processus dont l’objet principal est la destruction des déchets et non la production d’énergie.
Les réseaux de chaleur sont un excellent moyen de valoriser cette chaleur fatale. Raccordée à un réseau de chaleur, une usine d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) peut chauffer un foyer à partir des déchets de sept autres. On peut également raccorder des sites industriels, centrales électriques, et de manière générale toute installation dégageant d’importantes quantités de chaleur fatale.
Dans le cadre de cette valorisation thermique directe à travers des réseaux de chaleur, la partie biodégradable des déchets est considérée comme une énergie renouvelable. Cette partie biodégradable des déchets peut par ailleurs être utilisée pour produire du biogaz, par méthanisation via une unité de production spécifique ou suite à une mise en décharge (on parle alors de gaz de décharge). Ce biogaz et ce gaz de décharge peuvent être considérés, sur le principe, comme des énergies de récupération puisqu’ils sont issus du processus de traitement des déchets. La réglementation les considère également comme des énergies renouvelables (art. 29 de la loi POPE) puisqu’ils proviennent de la transformation de la biomasse. Le gaz produit peut ensuite être brûlé sur place, pour alimenter une chaufferie, ou bien être injecté dans le réseau de gaz naturel.
Biogaz et chaleur fatale sont considérés comme des énergies n’émettant pas de CO2, dans la mesure où il s’agit de la valorisation d’une ressource qui est de toute façon produite et rejetée.

- Valorisation thermique des déchets - Principes
- La valorisation thermique des déchets au bénéfice d’un réseau de chaleur peut se faire directement, par récupération de la chaleur dégagée par l’incinération, ou indirectement, par la combustion du biogaz ou du gaz de décharge produit par la méthanisation des déchets et distribué par le réseau de gaz naturel.
Fonctionnement d’un réseau de chaleur de récupération
Chaleur fatale
Le réseau de chaleur de récupération prend sa source au niveau du site où est produite la chaleur fatale, par exemple l’UIOM. Celle-ci est récupérée et transférée au réseau, sur place, via un échangeur thermique. La principale contrainte technique est l’éloignement du site de production par rapport aux zones à chauffer : alors que la chaufferie d’un réseau fuel, gaz, biomasse ou géothermie est positionnée en fonction des zones à desservir, le site depuis lequel on récupère la chaleur fatale a souvent été implanté suivant des critères de choix propres à l’activité exercée sur le site - parfois volontairement à l’écart des zones d’habitat ou de bureaux.
Biogaz
Le biogaz peut être injecté dans le réseau de gaz naturel et donc constituer ainsi une source d’énergie des réseaux de chaleur dont la chaufferie est alimentée par le gaz. Contrairement à la chaleur fatale, le gaz peut facilement être transporté sur de très longues distances. La localisation du site de méthanisation est donc relativement indépendante de celle des zones à desservir.
Chaleur de récupération : atouts, situation et perspectives
La chaleur fatale est difficilement valorisable sans réseau
Outre la valorisation thermique, la chaleur fatale peut servir à produire de l’électricité. Celle-ci est alors rachetée par EDF, par le biais du mécanisme des tarifs d’achat, et injectée dans le réseau de distribution électrique. Toutefois, si une valorisation thermique directe est possible (c’est-à-dire s’il existe un besoin de chaleur conséquent à proximité du site), cette dernière solution est plus pertinente sur le plan du rendement énergétique. La cogénération permet de combiner les deux formes de valorisation, et profiter ainsi des avantages de chacune d’elle.

- Objectif d’évolution de la part d’EnR provenant des déchets dans les réseaux de chaleur
1/5 de la chaleur des réseaux provient des déchets
L’incinération des déchets apporte aujourd’hui 21% de toute l’énergie distribuée par les réseaux de chaleur français, loin devant la biomasse et la géothermie. Le biogaz et la récupération de chaleur industrielle représentent quant à eux chacun 1% environ du total.
2020 : 2 fois plus de chaleur fatale valorisée, 7 fois plus de biogaz
Le Grenelle de l’environnement fixe à 0,9 Mtep l’objectif quantitatif de chaleur produite chaque année à partir de la part renouvelable des déchets d’ici 2020. En 2008, la production était de 0,4 Mtep. Il ne s’agit bien sûr pas d’accroître la quantité de déchets produits, mais d’augmenter le taux de valorisation des déchets non évitables.
La valorisation de chaleur rejetée par les industries pourrait également se développer. A Dunkerque, la chaleur fatale de la sidérurgie couvre ainsi aujourd’hui 60% des besoins en chauffage de 15000 logements. Les difficultés pour ce type de valorisation peuvent être techniques (transport de la chaleur sur des distances parfois longues) et organisationnelles (accord entre l’industrie concernée et l’exploitant du chauffage urbain).
Des expérimentations sont également menées sur la récupération de la chaleur des eaux usées, au niveau des réseaux d’assainissement. Cette technique est plutôt adaptée aux bâtiments à basse consommation car elle ne permet pas de récupérer de grandes quantités de chaleur.
Concernant le biogaz, l’objectif est de passer de 85 ktep de chaleur produite en 2008 (dont environ 20% utilisées pour alimenter des réseaux de chaleur) à 555 ktep en 2020, avec une utilisation majoritaire par les réseaux de chaleur et l’injection dans le réseau de gaz naturel.
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Sources des chiffres cités : SNCU pour MEEDDM/SOeS - MEEDDM/DGEC - Nantes Métropole
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Bonjour
Alors que 60% de la chaleur produite dans les centrales électriques est rejetée comme pollution thermique dans l’atmosphère, ne serait-il pas urgent de l’utiliser en réseau de chaleur, avec des centrales plus petites, nucléaire à bannir évidemment !!!!
Une économie de 60ù !!! C’est bien au delà des "logements passoires"...
Merci -
Fiche du syndicat des énergies renouvelables : L’incinération des déchets ménagers (http://www.enr.fr/docs/2010153516_BIO10Incinerationdechetsmenagersmai2010.pdf) (mai 2010)







